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Besoin d'écrire ce soir...

Besoin d'écrire ce soir.

Besoin de mettre sur papier tous ces mots qui se bousculent à l'intérieur de moi.

Besoin de donner la parole à mes émotions.

A mon hypersensibilité qui déborde.

A ce tsunami de tristesse qui a surgi de nulle part.


Tsunami de tristesse .

D'injustice.

De colère aussi.

Et puis de dégoût.


Comme je le dis souvent aux enfants que je reçois, l'hypersensibilité est un super pouvoir, un cadeau, si on sait comment s'en servir, si on connait le mode d'emploi.

Si pas, elle a plutôt tendance à être vécue comme un fardeau.


Depuis les années, j'ai appris à faire connaissance avec mes extra-sens.

A les apprivoiser aussi.

Je ne regarde plus le journal à la télé.

Je fuis les énergies négatives comme la peste.

Je me mets dans ma bulle de protection.

J'évite les centres commerciaux aux heures de pointe, et parfois même les centres commerciaux tout court.

Je me purifie à la sauge.

Je porte mes grigris.

Je me gorge de soleil.

Je prends du temps pour moi.

Pour ma famille.

Pour mon couple.

Pour mes amis.

Je me gorge de soleil.

Je vais marcher.

Je crée.

J'écoute de la musique.

Je ris.

J'aime.


Mes extra-sens, je les mets au service de mon métier de Coeurdonnière.

C'est grâce à eux que je peux accompagner les enfants comme je le fais.


Et puis parfois, ces extra-sens m'explosent en plein coeur.

Comme ce soir après ce reportage de l'émission "7 à 8" sur l'Ukraine.


Impossible de retenir mes larmes en voyant ses femmes confier leurs enfants à d'autres pour les emmener loin. Loin de la folie des hommes. Loin de la guerre. Loin d'elles.


Impossible de ne pas me projeter.


Impossible de ne pas sentir remonter cette peur viscérale d'être séparée de mes enfants, de mon amoureux.


Ce soir, je repense à Christian JUNOD (https://youtu.be/-7eJcTufUXA).

Dans ses ateliers, on apprend à accepter nos parts d'ombre et nos parts de lumière comme les deux faces d'une même pièce.

  • Pile: la face que je préfère. La part de moi qui est positive, joviale, drôle, qui voit la beauté du monde. Celle qui aime faire sa petite part du colibri et trouve un sens à sa vie.

  • Face: celle que j'apprends à alchimiser. La partie sombre. Celle qui se demande ce qu'elle fait dans ce monde. Celle que l'injustice révulse. Celle qui est en colère. Qui se dit que son futur projet d'aide pour les enfants ukrainiens ne tient pas la route. Que ça ne changera pas la face du monde. Ni la souffrance de ces enfants. Celle qui se sent impuissante.

Je suis ces deux faces.

Elles font qui je suis.

Je ne suis pas pile OU face.

Je suis pile ET face.

Je suis lumineuse.

ET je suis sombre.


Tantôt l'une.

Et tantôt l'autre.


Ce soir, je suis à fleur de moi.


Et c'est bien comme ça.




























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